Les lieux
L'église de Saint-Pierre-sur-l'Hâte
L'église de Saint-Pierre-sur-l'Hâte est un petit écrin architectural singulier dans le paysage des édifices religieux du Val d'Argent.
Si l'édifice actuel est daté en grande partie des XVe et XVIe siècle, un bâtiment plus ancien s'y tenait dès le XIIe siècle. Des croyances populaires ont même placé le prieuré d'Echery (Xe siècle) à l'emplacement de l'actuelle église de Saint-Pierre-sur-l'Hâte, mais cette hypothèse n'est ni vérifiable ni totalement crédible.
Vers 1150, une église installée "sur la colline de Surlatte" est édifiée dans le hameau "d'Eschery" (selon une lettre d'un pasteur réformé de 1643), elle deviendra église paroissiale au XIIIe siècle.
C'est au cours des XVe et XVIe siècles qu'est reconstruite l'église dans la forme que nous lui connaissons encore aujourd'hui. Sa chronologie pose toutefois problème. La tour porche a été datée du XIIIe siècle, mais sans fondement. De même, le choeur gothique semble plus ancien que la nef, mais sans justification probante. Il demeure toutefois de nombreux millésimes dans l'édifice, dont celui de 1506 sur la porte extérieure du porche, ou encore celui de 1536 sur la seule cloche de l'église. Une croyance populaire indique que la cloche serait en argent en raison de l'activité minière très présente dans le hameau, mais elle est vite démentie, ne serait-ce que par "l'impossible tintement" de l'argent pur. L'édifice est entouré d'un cimetière clos, où de nombreuses tombes de mineurs sont encore visibles.
Ce versant de la vallée étant placé sous l'autorité de seigneurs catholiques, les guerres de religion du XVIe siècle ont influencé l'histoire de l'édifice. En effet en 1561, les Sires de Ribeaupierre cèdent l'église aux mineurs "français" réformés qui s'étaient déplacés à Echery pour y exercer leur profession. Saint-Pierre-sur-l'Hâte est ainsi dévolu au culte protestant, ce qui explique en partie le dénuement ornemental de l'édifice. La révocation de l'Édit de Nantes de 1685 a rendu le choeur de l'église au culte catholique, et depuis lors un simultaneum est pratiqué entre les cultes luthérien, réformé et catholique.
Pour connaître l'histoire de la vallée : [une vallée entre l'Alsace et la Lorraine] [lieux de culte du Val d'Argent]
L'église est inscrite à l'inventaire des monuments historiques en 1932, puis classée en 1934. [notice]
Elle est aujourd'hui encore un lieu de culte à part entière, mais elle accueille également des concerts de musique.
Sandrine Ruef, Châtenois, décembre 2023
La Villa Burrus
Installée à Sainte-Croix-aux-Mines à partir de 1871, la famille Burrus, famille fortunée d’industriels du tabac, a laissé un riche héritage patrimonial dans le village. On leur doit notamment l’actuelle mairie, le château Burrus (ancienne propriété de Maurice Burrus), le chalet de montagne du Hury, l’actuel stade de football, une maison de maître rue de la gare, et « la Villa », propriété d’André Burrus, cousin et partenaire d’affaires de Maurice.
En 1932, André Burrus confie au maitre d’œuvre sainte creuzien Sauther la construction d’une demeure bourgeoise sur un vaste terrain de plus de trois hectares longeant la gare. L’emplacement est idéal pour l’industriel dont on rappelle les fonctions commerciales au sein de la manufacture de tabacs, à quelques mètres de la gare et ayant aménagé un accès direct à la rue principale du village avec un pont enjambant la Lièpvrette.
L’ensemble architectural correspond aux canons de la demeure patronale du début du XXe siècle : elle est dotée du confort moderne de l’époque (chauffage central et salles de bains), avec un rez-de-chaussée réservé aux pièces de représentation, un premier étage dévolu au logis familial, et au deuxième étage, des chambres en mansardes pour le personnel.
Féru de botanique, André aura à cœur d’aménager son parc et d’y faire pousser des essences d’arbres et de fleurs locales ou exotiques. Avec un miroir d’eau situé sur l’avant de la demeure et une roseraie entretenue au fond du parc, il se dégage de l’ensemble un sentiment d’harmonie et d’équilibre. André Burrus était aussi grand amateur de mécanique, aussi de somptueux garages ont été construits à l’entrée de la propriété. Ils abritent aujourd’hui les bureaux de la Communauté de communes du Val d'Argent.
André Burrus et sa famille demeurent dans la Villa jusqu’à la mort de ce dernier en 1974. Ses héritiers se séparent de l’ensemble en 1977 qui est cédé à la Région Alsace. Dès lors, la Villa se transforme pour accueillir une Maison régionale de la musique qui sera en activité jusqu’en 1990. Pour y accueillir les différentes activités, certains espaces sont largement remaniés ; des musiciens de tous horizons et de toutes pratiques musicales séjourneront ainsi à Sainte-Croix-aux-Mines.
Après quelques années d’abandon, la Villa connaît un nouveau souffle en 1997 avec son rachat par la Communauté de communes du Val d'Argent. Le bâtiment est à nouveau transformé pour y accueillir la médiathèque intercommunale et le pôle culture du Val d’Argent à partir de 2004. Le parc n’est pas en reste, il est devenu un lieu prisé des habitants qui profitent de sa vaste pelouse ou des frais sous-bois. La Villa et son parc sont aujourd'hui le théâtre de nombreux moments culturels, dont le Festival aux Chandelles depuis cette année.
Sandrine Ruef, Châtenois, janvier 2025
Le théâtre municipal de Sainte-Marie-aux-Mines
Le Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines, construit entre 1906 et 1908, est un témoin majeur de la prospérité industrielle de la ville à l'époque. Son architecture de style wilhelminien, signée par l'architecte strasbourgeois Gustave Oberthür, en fait un édifice remarquable du patrimoine alsacien. Classé monument historique depuis 1987, le théâtre a connu une histoire marquée, notamment par son utilisation comme hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale.
Aujourd'hui, le Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines est un lieu vivant et dynamique. En tant que cadre des projections de films, des séances de dédicaces et des moments de rencontre avec les artistes et le public, il est devenu un lieu incontournable du Festival aux Chandelles.