À propos
Le Festival aux Chandelles est un festival international de musique classique et de création contemporaine, ancré au cœur du Val d’Argent, en Alsace. Relancé en 2024, il conçoit la musique comme une expérience vivante : dans le concert, mais aussi dans ce qui l’entoure, le prolonge et le met en question. Chaque édition invite à écouter autrement, à prendre le temps, à faire résonner les œuvres du passé avec celles d’aujourd’hui, les artistes avec le public, la pratique musicale avec la pensée.
Pour son édition 2026, le Festival proposera une vingtaine de rendez-vous rassemblant une trentaine d’artistes internationaux. Concerts aux Chandelles, Concerts Illuminations, projections de films documentaires, rencontres, discussions et conférences sont étroitement liés, pensés comme un seul et même geste artistique. Plusieurs créations mondiales y verront le jour, aux côtés de programmes où la musique contemporaine dialogue avec le grand répertoire. En amont du festival, des rendez-vous sont proposés aux habitants du Val d’Argent.
Le Festival développe également l’Académie des Chandelles, un format intensif et autonome, situé entre séminaire, cours et espace de réflexion collective, dédié à la création musicale, à la recherche et aux enjeux contemporains de la musique. À cela s’ajoutent un mini-concert ouvert à tous les âges et la publication annuelle Les Carnets du Festival aux Chandelles, qui prolongent l’expérience du festival dans le temps.
À taille humaine mais d’ambition internationale, le Festival aux Chandelles défend une exigence artistique forte, une attention particulière à la musique de Johann Sebastian Bach, et à celle d'aujourd'hui. Il s’attache à penser les conditions du partage des œuvres dans toute leur richesse, porté par la conviction que l’accès à des expériences musicales intenses, à des œuvres et à des actions qui demandent du temps et engagent l’écoute, l’émotion, la pensée et le partage, est un droit culturel fondamental.
Direction artistique
Dans un monde en constante évolution où la conscience collective est occupée par des enjeux environnementaux et sociétaux, où le monde de la culture se relève difficilement d’années d’interruption, où nous sommes inondés par de nouvelles technologies qui nous donnent un accès immédiat à la culture sous sa forme numérique, on peut se demander quelle place il reste pour la musique classique et pour le spectacle vivant. Pourquoi aller écouter un concert aujourd’hui ? Je suis profondément convaincue que la musique, plus que toute autre forme d'art, peut nous aider à mieux percevoir le monde qui nous entoure, guérir les blessures de notre société, encourager la réflexion sur notre passé et inspirer l'élaboration d'un avenir meilleur.
L’expérience du concert est nécessairement quelque chose de propre à chaque individu. Cependant, il y a dans cette expérience un élément extraordinaire qui résonne de façon universelle avec l’esprit humain, quelque chose d'unique qui appartient à l'humanité. Un moment qui n'existait pas auparavant et qui n'existera plus jamais est partagé. Lorsque le public et les interprètes se rassemblent pour explorer l'œuvre d'un compositeur, une communion s'établit entre eux, et ils se répondent mutuellement dans la musique. Cette connexion opère à plusieurs niveaux : émotionnel, physique, intellectuel et spirituel. Et c'est ce qui rend les festivals de musique indispensables.
Je suis honorée de prendre la direction artistique du Festival aux Chandelles. Ce faisant, j'ai le privilège de contribuer à la diffusion, à la transmission et à la création de la musique classique. Pouvoir faire cela est à la fois un cadeau et une responsabilité. Je suis consciente des défis à relever pour orchestrer un festival de musique. Cette partie du patrimoine culturel mondial appartient à tout le monde, et pourtant trop souvent encore le public manque de diversité. Aussi, la musique d’aujourd'hui reste sous-représentée dans les programmes actuels alors que peut-être plus qu’aucune autre, elle a le pouvoir de dévoiler le monde qui nous entoure. La musique est un mystère, la musique est une intuition, la musique est une expérience. Mais c'est aussi bien plus que cela, comme nous le rappellent les citations suivantes :
L'amour de la musique classique n'est que partiellement une réponse naturelle à l'écoute des œuvres interprétées. Cela doit aussi résulter d'une décision d'écouter attentivement, d'être attentif, une décision inévitablement motivée par le prestige culturel et social de l’art. [Charles Rosen]
La plupart des gens aiment la musique parce qu'elle leur procure certaines émotions comme la joie, le chagrin, la tristesse et l'image de la nature, sujet de rêverie ou – mieux encore – d'oubli du « quotidien ». Ils veulent une drogue - dope - ... La musique ne vaudrait pas grand-chose si elle était réduite à une telle fin. Quand les gens auront appris à aimer la musique pour elle-même, quand ils l'écouteront avec d'autres oreilles, leur plaisir sera d'un ordre beaucoup plus élevé et plus puissant, et ils pourront la juger à un niveau supérieur et réaliser sa valeur intrinsèque. [Igor Stravinski]
Pour moi, la musique est une étude de moi-même et de l'esprit humain. J'ai toujours pensé que la musique était très profonde. C'est comme un liquide qui peut aller dans les profondeurs, se répandre dans toutes les directions et prendre des formes diverses. [Kaija Saariaho]
La joie et la fascination prodigieuses qui découlent de nouvelles découvertes, de la poursuite de la connaissance et de la remise en question de ses propres croyances peuvent être transformatrices. En explorant la musique d'hier et la musique d'aujourd'hui, à travers la musique elle-même mais aussi en favorisant les échanges entre le public et les interprètes, les compositeurs et les professionnels de la culture, je souhaite pouvoir apporter et partager une vision de la musique classique qui reflète la société d'aujourd'hui.
Dans l'enceinte magnifique de l'église de Saint-Pierre-sur-l'Hâte à Sainte-Marie-aux-Mînes, où subsistent les souvenirs de l’Histoire et l’écho des concerts passés, au confluent des multiples cultures qui font l'identité alsacienne, chaque individu peut contribuer à ce projet. Que ce soit en jouant, en consacrant du temps aux autres, en partageant des idées et des pensées, ou simplement par sa simple présence, chaque personne a un rôle à jouer. Construisons ensemble une communauté autour de ce festival, et que la musique classique reste vivante !
Hélène Papadopoulos, New York, juillet 2023
Transmission
La transmission est l’un des axes structurants du Festival aux Chandelles. Elle prolonge le travail artistique du festival dans toutes ses dimensions — création, interprétation, recherche, pensée critique — par un travail de terrain mené auprès des publics, des jeunes musiciens et des artistes émergents. Résidences, actions pédagogiques, rencontres et dispositifs d’accompagnement permettent d’approcher la musique comme une pratique vivante, à la fois créatrice et collective, inscrite dans le temps. Cet axe a vocation à se développer dans les prochaines éditions.
Éducation
L’éducation est au cœur de la mission du Festival aux Chandelles. Le Festival développe des actions pédagogiques à destination des scolaires et des jeunes publics, en impliquant les enfants dès la petite enfance, ainsi que les élèves du primaire et du secondaire, mais aussi des adultes ayant un accès limité à la culture.
Concerts pré-festival, ateliers et actions de médiation ciblées permettent d’approcher la musique classique et contemporaine comme une expérience vivante, ancrée dans l’écoute et la découverte.
Pour l’édition 2026, une résidence pédagogique menée tout au long de l’année scolaire, soutenue par la DRAC, prépare les élèves de l’école primaire Aalberg à leur participation au mini-concert du Festival, sous la direction de Marie-Claudine Papadopoulos. Ce travail au long cours crée une continuité réelle entre temps éducatif et temps artistique, permettant aux enfants de rencontrer la musique non comme une réalité lointaine, mais comme une part possible de leur propre monde.
Vocations
L’éducation Le Festival aux Chandelles travaille en lien étroit avec les écoles de musique d’Alsace, le pôle Cadence, le centre socio-culturel du Val d’Argent et le lycée de Sainte-Marie-aux-Mines pour mener une communication ciblées en amont du festival. L’objectif est de favoriser la rencontre avec la création musicale et d’encourager la curiosité artistique.
Des dispositifs tels que le Pass Culture et le Pass Jeunes sont mobilisés avec les institutions partenaires afin de faciliter l’accès aux concerts.
Chaque élève inscrit dans une école de musique en Alsace peut bénéficier d’une place gratuite pour un concert du festival, ainsi que d’une place pour un accompagnant. Cette politique d’accueil vise à permettre aux jeunes musiciens et musiciennes en formation de vivre l’expérience du concert comme un espace d’inspiration et de projection possible.
Professionalisation
Depuis 2024, Val d’Argent Classique développe un axe dédié à la professionnalisation de jeunes musiciens en partenariat avec le Collège doctoral européen d’interprétation et de création musicales GLAREAN (Université de Strasbourg, Haute école des arts du Rhin, Hochschule für Musik Freiburg). Cet axe vise l’accompagnement de projets artistiques dans des conditions professionnelles réelles.
Le programme Artistes en Scène : du Projet Au Spectacle sur Scène (PASS) s’adresse à des musiciens professionnels émergents. Il favorise l’acquisition de compétences nécessaires à une insertion durable dans le milieu musical : conception de projet, relation aux publics, production, diffusion.
Ce dispositif complète la formation artistique reçue en conservatoire ou en cursus supérieur en transmettant des outils concrets pour le développement de carrière, tout en permettant aux artistes de s’inscrire dans la dynamique internationale du Festival.
Venir
Des navettes pour se rendre aux Concerts aux Chandelles
Muni d'un billet ou non, le public est invité à se présenter au Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines pour un déplacement en navettes (autocars) jusqu'à l'église de Saint-Pierre-sur-l'Hâte.
Point de rendez-vous (plusieurs parkings à proximité) : Théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines (68160)
Première navette : départ 1h avant le début du concert.
Dernière navette : départ 20 minutes avant le début du concert.
Retour au même endroit à l'issue des concerts.
Le covoiturage - Une solution pour réduire notre impact environnemntal, et plus encore...
Vous avez 2, 3, 4 places libres dans votre véhicule ? Vous n'avez pas de véhicule ? Vous souhaitez faire de nouvelles rencontres, refaire avec elles le concert sur le chemin du retour ? Nous avons préparé ce qu'il vous faut pour proposer ou chercher un véhicule :
Le transport à la demande (TAD)
Pour vos déplacements en Val d'Argent avant 19h : [ELSA Mobilités]
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Rien ne doit vous empêcher de participer au Festival. Nous sommes à l'écoute de vos besoins : [nous écrire]
Bien préparer votre séjour - Les offres de l'Office de tourisme du Val d'Argent
Les lieux
L'église de Saint-Pierre-sur-l'Hâte est un petit écrin architectural singulier dans le paysage des édifices religieux du Val d'Argent.
Si l'édifice actuel est daté en grande partie des XVe et XVIe siècle, un bâtiment plus ancien s'y tenait dès le XIIe siècle. Des croyances populaires ont même placé le prieuré d'Echery (Xe siècle) à l'emplacement de l'actuelle église de Saint-Pierre-sur-l'Hâte, mais cette hypothèse n'est ni vérifiable ni totalement crédible.
Vers 1150, une église installée "sur la colline de Surlatte" est édifiée dans le hameau "d'Eschery" (selon une lettre d'un pasteur réformé de 1643), elle deviendra église paroissiale au XIIIe siècle.
C'est au cours des XVe et XVIe siècles qu'est reconstruite l'église dans la forme que nous lui connaissons encore aujourd'hui. Sa chronologie pose toutefois problème. La tour porche a été datée du XIIIe siècle, mais sans fondement. De même, le choeur gothique semble plus ancien que la nef, mais sans justification probante. Il demeure toutefois de nombreux millésimes dans l'édifice, dont celui de 1506 sur la porte extérieure du porche, ou encore celui de 1536 sur la seule cloche de l'église. Une croyance populaire indique que la cloche serait en argent en raison de l'activité minière très présente dans le hameau, mais elle est vite démentie, ne serait-ce que par "l'impossible tintement" de l'argent pur. L'édifice est entouré d'un cimetière clos, où de nombreuses tombes de mineurs sont encore visibles.
Ce versant de la vallée étant placé sous l'autorité de seigneurs catholiques, les guerres de religion du XVIe siècle ont influencé l'histoire de l'édifice. En effet en 1561, les Sires de Ribeaupierre cèdent l'église aux mineurs "français" réformés qui s'étaient déplacés à Echery pour y exercer leur profession. Saint-Pierre-sur-l'Hâte est ainsi dévolu au culte protestant, ce qui explique en partie le dénuement ornemental de l'édifice. La révocation de l'Édit de Nantes de 1685 a rendu le choeur de l'église au culte catholique, et depuis lors un simultaneum est pratiqué entre les cultes luthérien, réformé et catholique.
Pour connaître l'histoire de la vallée : [une vallée entre l'Alsace et la Lorraine] [lieux de culte du Val d'Argent]
L'église est inscrite à l'inventaire des monuments historiques en 1932, puis classée en 1934. [notice]
Elle est aujourd'hui encore un lieu de culte à part entière, mais elle accueille également des concerts de musique.
Sandrine Ruef, Châtenois, décembre 2023
Installée à Sainte-Croix-aux-Mines à partir de 1871, la famille Burrus, famille fortunée d’industriels du tabac, a laissé un riche héritage patrimonial dans le village. On leur doit notamment l’actuelle mairie, le château Burrus (ancienne propriété de Maurice Burrus), le chalet de montagne du Hury, l’actuel stade de football, une maison de maître rue de la gare, et « la Villa », propriété d’André Burrus, cousin et partenaire d’affaires de Maurice.
En 1932, André Burrus confie au maitre d’œuvre sainte creuzien Sauther la construction d’une demeure bourgeoise sur un vaste terrain de plus de trois hectares longeant la gare. L’emplacement est idéal pour l’industriel dont on rappelle les fonctions commerciales au sein de la manufacture de tabacs, à quelques mètres de la gare et ayant aménagé un accès direct à la rue principale du village avec un pont enjambant la Lièpvrette.
L’ensemble architectural correspond aux canons de la demeure patronale du début du XXe siècle : elle est dotée du confort moderne de l’époque (chauffage central et salles de bains), avec un rez-de-chaussée réservé aux pièces de représentation, un premier étage dévolu au logis familial, et au deuxième étage, des chambres en mansardes pour le personnel.
Féru de botanique, André aura à cœur d’aménager son parc et d’y faire pousser des essences d’arbres et de fleurs locales ou exotiques. Avec un miroir d’eau situé sur l’avant de la demeure et une roseraie entretenue au fond du parc, il se dégage de l’ensemble un sentiment d’harmonie et d’équilibre. André Burrus était aussi grand amateur de mécanique, aussi de somptueux garages ont été construits à l’entrée de la propriété. Ils abritent aujourd’hui les bureaux de la Communauté de communes du Val d'Argent.
André Burrus et sa famille demeurent dans la Villa jusqu’à la mort de ce dernier en 1974. Ses héritiers se séparent de l’ensemble en 1977 qui est cédé à la Région Alsace. Dès lors, la Villa se transforme pour accueillir une Maison régionale de la musique qui sera en activité jusqu’en 1990. Pour y accueillir les différentes activités, certains espaces sont largement remaniés ; des musiciens de tous horizons et de toutes pratiques musicales séjourneront ainsi à Sainte-Croix-aux-Mines.
Après quelques années d’abandon, la Villa connaît un nouveau souffle en 1997 avec son rachat par la Communauté de communes du Val d'Argent. Le bâtiment est à nouveau transformé pour y accueillir la médiathèque intercommunale et le pôle culture du Val d’Argent à partir de 2004. Le parc n’est pas en reste, il est devenu un lieu prisé des habitants qui profitent de sa vaste pelouse ou des frais sous-bois. La Villa et son parc sont aujourd'hui le théâtre de nombreux moments culturels, dont le Festival aux Chandelles depuis cette année.
Sandrine Ruef, Châtenois, janvier 2025
Le théâtre municipal de Sainte-Marie-aux-Mines